de « Anne Ohman » traduit par Sylvie Martin-Rodriguez
Dans notre famille de unschoolers, apprendre n’est en rien quelque chose qui soit séparé, catégorisé, planifié, jugé, noté, ou forcé. Ce n’est pas quelque chose que nous « crions sur les toits ». Vous n’entendrez jamais dans notre famille « Que veux-tu apprendre ? », ou « Regarde, tu apprends ! ». C’est juste une joyeuse et naturelle partie de nos vies.
Parce qu’il est réel, l’apprentissage naturel est dans le vécu. Il est dans l’observation, le questionnement, l’examen, la réflexion, l’analyse, le regard, la lecture, l’action, la joie. Il est dans la joie.
Le véritable apprentissage survient quand nos enfants font de vraies connexions qui ont un sens dans leur vraie vie.
Le véritable apprentissage n’est pas ce que l’on nous a décrit. Pour nous, parents « unschoolers », il est nécessaire de changer notre perception de cette notion. C’est quelquefois difficile à faire pour les parents, parce que notre vieille définition de l’éducation et de l’apprentissage est si profondément ancrée dans notre société et en nous-même.
Afin d’effectuer ce changement, premièrement : sortir nos gommes et nous débarrasser de toutes ces vieilles inepties. Parce que le véritable apprentissage est enfoui sous la définition scolaire de ce qu’est l’apprentissage. Effacez, et ensuite, modifiez votre focalisation. Focalisez-vous sur la connexion avec votre véritable Etre ; permettez à vos enfants de se connecter avec la leur. Focalisez-vous sur cette seconde connexion – la connexion entre vous. Focalisez-vous sur le fait de vivre. De vivre joyeusement. Vivez une vie pleine, riche, connectée avec vos enfants. Focalisez-vous sur la joie et permettez à vos enfants de se focaliser sur la joie. Effacez le reste. Quand nous éliminons la coercition, l’enseignement forcé, les attentes, les demandes, les interrogations, les restrictions de ce que nos enfants veulent réellement faire, alors nos enfants sont laissés en liberté. Joie, croissance, apprentissage.
Ils sont en apprentissage parce qu’à partir du moment où vous vous focalisez sur ces deux connexions, et sur la joie de vivre avec vos enfants, les connexions avec le reste du monde se font naturellement. Elles se font naturellement. L’apprentissage se fait naturellement !
Mais une surprise attend ceux d’entre nous qui ont un esprit scolaire. Ces connexions pour un véritable apprentissage ne vont pas ressembler à l’école, et d’ailleurs, elles ne vont ressembler à rien de ce que l’on pourrait désigner comme étant « éducatif ».
Ces connexions se font dans les jeux vidéos, dans la musique qu’ils écoutent, dans les dessins animés qu’ils regardent, dans les films, dans les livres qu’ils aiment ; même dans l’un de ces livres intitulé : « captain underspant ». Changez à travers la perspective du unschooling, et voyez toutes ces choses comme étant valables, comme de vrais outils pour apprendre.
Ce sont les choses vers lesquelles mes enfants sont attirés, et auxquelles je ne ferme pas la porte. Mes enfants font des connexions à partir de ces choses parce qu’elles ont un vrai sens dans leurs vies. Ils veulent les comprendre. Ils veulent saisir les blagues, ils veulent apprécier l’ironie, ils veulent gagner aux jeux ; alors, ils choisissent d’ouvrir leurs propres esprits et de faire des connexions pour apprendre. Ils veulent développer leurs univers. Ils veulent apprendre.
Vous savez, les créateurs de ces émissions, de ces jeux sont intelligents. Ils utilisent des noms de personnages qui sont connectés aux choses du monde. Les dialogues ou les jeux sont parsemés de noms ou d’évènements historiques, d’évènements actuels, de mythologie, de météorologie, géographie, vocabulaire avancé, maths avancés… Tout !
Mes enfants veulent comprendre ces connexions. Ils veulent comprendre ce qu’elles signifient, alors ils posent des questions. Ils trouvent des réponses. Et ce qui est merveilleux, c’est de voir que ces connexions faites à partir de leur besoin et désir, restent à l’intérieur d’eux-mêmes. Quand ils ne sont pas seulement libres de trouver leurs propres réponses, mais aussi de poser leurs propres questions, cette information leur appartient.
Autre chose de vraiment génial, c’est quand ils posent une question, et que ni mon mari ni moi-même ne connaissons la réponse, ou alors, nous pensons l’avoir, mais nous voulons être sûrs d’avoir raison ! Donc, nous cherchons. Et les réponses que nous trouvons vont largement au-delà de ce que nous avons appris à l’école. C’est comme si, à l’école, on nous tenait intentionnellement à l’écart de toutes les choses intéressantes de ce monde, et qu’on tentait de nous bourrer le crâne avec tout ce qui est ennuyeux.
Je ne peux vous dire combien de fois mes enfants étaient en possession d’une information que j’ignorais, j’ignorais tout autant qu’ils la connaissaient, et souvent, je ne savais pas comment ils en étaient arrivés à la connaître ! J’AIME ça quand ça arrive.
C’est une bonne chose de poursuivre tout cela, grâce à un besoin ou un désir passionné pour une totale connexion.
Lorsque nous avons fait le changement, et sommes capables de voir le véritable apprentissage tout en vivant joyeusement, nous avons alors besoin de faire confiance au fait qu’il existe d’infinies connexions qui peuvent être élaborées dans l’esprit et le cœur de nos enfants, dont nous ne pouvons être les témoins. Parce que nos enfants n’apprennent pas seulement en posant des questions. La plupart du temps, ils apprennent juste en faisant des connexions silencieuses. Ils font leur propres connexions à partir d’eux-mêmes, vers le monde, sans besoin de le crier sur les toits, ou sans déclarations et applaudissements, ou même sans questions ni réponses.
Tout ce avec quoi ils sont en contact, tout ce qu’ils voient, touchent, observent, examinent, tout ce qu’ils entendent, lisent, goûtent, sentent, tout ce qui les fait plier, tout ce qui les déchire, tout ce qu’ils pensent. Tout a de la valeur. La moindre petite chose à laquelle ils sont confrontés dans leurs vies peut soit les attirer (et, parce qu’ils sont connectés à leur véritable Etre, ils reconnaissent ce vers quoi ils sont attirés), soit les faire fuir (peut-être parce que cette chose n’a pas de valeur au présent dans leurs vies, ou parce qu’éventuellement, ils ont senti qu’ils ne voulaient pas s’y intéresser).
Et encore, même si cela n’occasionne aucune connexion remarquable, cette partie d’information n’est pas perdue – peu importe combien cette connexion ait été infime – elle n’est pas perdue. Cette connexion incomplète pénètre dans leurs cœurs et leurs esprits, et se retrouve quelque part dans leur définition de ce qu’ils sont, donc, lorsqu’ils ont besoin d’utiliser ce concept, cette information ou cette vérité, elle est disponible. Elle est là pour le futur, pour ce moment où ils auront besoin de cette information afin de créer une connexion complète.
Ce que nous découvrons avec le unschooling, après avoir effacé les définitions scolaires de l’apprentissage, ce sont ces moments où nos enfants apprennent sans que nous nous en apercevions – et nous découvrons notre confiance. Ils font des connexions à l’intérieur de leurs propres esprits et de leurs cœurs, constamment, joyeusement et sans effort. La quantité de connaissances qu’ils possèdent en eux-mêmes a l’opportunité de grandir tous les jours. Cela signifie qu’avec le unschooling, ils apprennent tous les jours.
Nous devons aussi effacer l’idée nocive que l’apprentissage est une chose que l’on peut forcer. Le véritable apprentissage n’est rien qui puisse être inculqué de force à une autre personne. Il est impossible de pénétrer dans l’esprit d’un être humain et de voir tout ce qu’il faudrait voir pour comprendre où ils en est dans sa vie, tout ce qu’il a vu, entendu, observé, ou pensé, dans le but de savoir ce qu’il serait possible de lui proposer afin de le forcer à apprendre certaines choses – ou même d’essayer d’être serviable et de lui proposer ce dont il a besoin pour créer des connexions complètes.
Les connexions doivent venir de l’intérieur d’eux-mêmes. Cela doit venir de cette première connexion. Sinon, ce n’est pas un véritable apprentissage. C’est une mémorisation temporaire de quelque chose dans l’intention de passer des examens.
Nous ne pouvons forcer les connexions, mais ce que nous pouvons faire, c’est de mettre le monde à la portée de nos enfants.
John Holt a dit un jour, dans une interview : « Les enfants sont intéressés par le monde, aussi longtemps qu’ils ont la possibilité d’être en contact avec ce monde ».
C’est notre boulot. De présenter ce monde à nos enfants. Ensuite, la partie la plus difficile, c’est d’être confiants dans le fait qu’ils utiliseront ces choses du monde, d’une façon qui les aide à donner du sens et à développer leur univers. C’est encore plus difficile d’être en accord avec le fait qu’ils rejettent tout ce que nous leur avons proposé ! Mais c’est ce que vous devez faire, même si cela signifie qu’il faille vous mordre la langue quelquefois !
Pensez que lorsque nous sommes entourés, dans nos vies de unschooling, par toutes ces expériences riches et variées, les personnes, les lieux, les conversations, l’environnement, les idées… alors quelque chose, et certainement beaucoup de ces choses présentées à nos enfants, se connecteront avec une part de ce qu’ils sont. Ils complèteront, ou peaufineront une connexion déjà présente dans leurs esprits, provenant d’une expérience précédente.
Voilà en quoi consiste une connexion pour un véritable apprentissage. Peu importe que cela ait l’air monumental ou insignifiant, tout est valable.
C’est valable parce que c’est une connexion pour un véritable apprentissage, qui est davantage peaufinée par l’enfant et qui perfectionne, en lui, son sens de lui-même et du monde.
C’est du unschooling.
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