De Sylvie Martin-Rodriguez
Que se passe-t-il pour tout le monde lorsque les jouets se trouvent au centre des conflits enfantins ? Les tensions entre parents par rapport au prêt des jouets nous montre à quel point le sujet est épineux. La différence de traitement entre « enfant » et « adulte » est très nette à cette occasion et pourtant rarement remise en question… Un enfant doit-il prêter ses jouets ? « Ce ne sont que des histoires de gosses… » semble être une réponse courante.Il est finalement assez rare qu’un enfant ait le droit de ne pas prêter, ou d’avoir un lieu intime dont il puisse limiter l’accès. En transposant la question à un adulte, la réponse est très claire. Un adulte n’a pas l’obligation de prêter ce qui lui appartient, peut interdire l’accès de sa chambre, de son bureau, ou même de sa maison s’il le désire. Pour peu que nous souhaitions la même prévenance pour nos enfants, il arrive que cela occasionne des tensions extrêmes, de l’agressivité de la part de l’adulte envers l’enfant « non prêteur », et quelquefois l’arrêt des fréquentations !
Je suis sûre que n'importe quel adulte "adorerait" qu'on lui prenne ses affaires comme suit : "Je te prends ta voiture, à tout à l'heure !" "Oh, qu'elle est belle ta télé, tu ne vois pas d'inconvénient à me la prêter hein ?" "Tiens, un portable qui traîne.. allez ! je le prends"...
Pourquoi est-ce si délicat et douloureux pour certains de respecter cette demande de la part des enfants ? Ma main au feu que le parent concerné rejoue des scènes non digérées de son enfance, n’ayant pas eu la possibilité d’exprimer son propre ressenti lorsqu’il s’agissait de ses propres affaires…Il est bien évident qu'un parent a des difficultés à supporter qu’un enfant ait des prérogatives que lui-même n’a pas eues au même âge...
Ou alors estime-t-on qu'un enfant est moins qu'un adulte ?
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