Avec le UNSCHOOLING, permettez à votre enfant hypersensible de BRILLER
MON PARCOURS:
Je m’appelle Anne, je suis une personne hypersensible et mal synchronisée*
J’aimerais tout d’abord parler de ces descriptions que j’utilise – hypersensible et mal synchronisée*(hs/ms). Nous n’utilisons pas ces étiquettes chez nous au quotidien…nous nous acceptons tels que nous sommes. Mais j’ai personnellement trouvé beaucoup d’acceptation et de validation de la personne que je suis derrière les descriptions sous ces mots. Cela m’a également beaucoup apporté en termes d’acceptation et de validation de savoir qu’il y avait d’autres personnes comme moi.
La première fois que j’ai éprouvé le besoin de comprendre plus en profondeur mon fils et moi-même, j’ai trouvé un écho dans le livre "The out of Sync Child" de Carol Stock Kranowitz. C’est en effet le premier bouquin qui m’est tombé sous la main, offrant au public une meilleure compréhension des personnes au système sensoriel très défensif ou présentant ce qui est communément appelé une dysfonction du système d’intégration sensoriel. C’est, disais-je, le premier livre dans lequel cette particularité est évoquée sans mettre l’accent sur « comment changer l’enfant ». De plus j’y ai puisé quelques conseils pratiques par endroits.
Tout récemment, un autre livre est arrivé dans ma vie: "The Highly Sensitive Child" de Elaine Aron**, et ce livre m’a transportée !Alors que "The Out of Sync Child" mettait l’accent sur le dysfonctionnement du système d’intégration sensoriel, "The Highly Sensitive Child" insiste lourdement sur le fait que ce n’est aucunement une tare d’avoir cette singularité, et qu’en fait, environ 20% de la population présente ce genre de traits. Etre hypersensible n’est donc ni un dysfonctionnement ni une anomalie. Certaines personnes sont juste comme cela, et ce, pour de bonnes raisons .
En fait, j’ai trouvé très utiles les deux ouvrages précités mais je recommande vivement "The Highly Sensitive Child" parce que, tout comme moi, Elaine Aron** est partisane d’une meilleure compréhension des personnes présentant ces traits mais surtout son approche les honore et les célèbre. C’est le premier livre que j’ai trouvé qui décrit littéralement tout ce que j’ai fait et dit ces dernières années…
Toutefois, il y a des paragraphes qui parlent de comment faire pour que votre enfant réussisse à l’école, vous pouvez simplement les ignorer ou faire comme moi, écrire "BEURK" en lettres grasses en travers la page !
De toutes les façons, je ferai régulièrement référence à la terminologie descriptive tirée de ces deux ouvrages et comme je le disais précédemment je les recommande tous les deux. Alors, de quoi est-ce que je parle lorsque je dis "mal synchronisé"* ou "hypersensible" ? Voici quelques traits communs :
• Sensible à plusieurs choses, si ce n’est à pratiquement tout : vêtements qui grattent ou piquent, certaines textures, certains bruits, certaines lumières, les changements dans les routines du quotidien… • Très susceptible, extrêmement sensible à la critique • Facilement submergé et confus. • Intuitif • Niveau d’activité physique exceptionnellement élevé ou bas • Difficulté au niveau de la coordination motrice • Ressent les choses avec beaucoup d’intensité • Peut-être croyez-vous qu’ils dramatisent tout, que leurs réactions sont disproportionnées, qu’ils exagèrent • En général, on dit d’eux que ce sont des enfants difficiles.
Comme je vous l’ai dit en préambule, je suis une personne mal synchronisée* et hypersensible. Je ne veux pas vous dérouler ici tout le récit de ma propre enfance, triste et interminable mais je tiens à ce que vous sachiez d’où je viens. Vous me comprendrez peut-être lorsque j’affirme que j’ai découvert ma propre vérité au travers de mon enfant. Je vais tenter de vous offrir un récit condensé de ce cheminement.
Pour faire bref, j’ai passé mon enfance entière dans un état avancé de confusion tant je me sentais profondément incomprise à la maison comme à l’école.
L’école était un vrai cauchemar – pas seulement pour les raisons évidentes – mais je ne savais pas pourquoi comme je le sais à présent. Toutes les difficultés du système sensori-moteur qui sont liées à l’école deviennent carrément débilitantes pour les enfants hypersensibles ou mal synchronisés. Les lumières, les sons, le toucher, la structure qui étouffe l’âme, les combinaisons de gym en polyester, sans parler de cette extrême sensibilité que j’ai moi-même à l’énergie de toutes les personnes qui m’approchent – les tristes, les joyeux, les doux, les peureux ! Les personnes hypersensibles/mal synchronisées, non seulement captent les vibrations ambiantes et les ressentent profondément, mais surtout ont tendance à ABSORBER les énergies et vibrations des autres personnes. Avec tout ce flot d’énergie, nous nous retrouvons souvent pétrifiés.
En fait, je recevais constamment le message selon lequel il y avait quelque chose qui clochait avec moi. On me disait que la façon dont je ressentais les choses était fausse et que je devais changer pour m’adapter à la société, à la vie avec les autres. Finalement, les efforts conjugués de tant de personnes à faire de moi une autre personne que celle que j’étais ont porté leurs fruits. J’ai eu mon bac en 1980 en n’ayant pas la moindre d’idée de qui j’étais. Cela m’a pris beaucoup de temps et de thérapies douloureuses pour retrouver mon vrai moi.
C'est donc mon projet de vie, ma quête, de sauver tous les enfants hs/ms du monde de cette vie d’incompréhension et de confusion.
Je ne dirai jamais assez haut et fort à quel point comprendre votre enfant tel qu’il est peut lui sauver la vie. Offrir à votre enfant compréhension, sensibilité et par-dessus tout un accompagnement parental répondant à ses besoins lui sauvera la vie.
MON PARCOURS AVEC MON PROPRE ENFANT :
Lorsque je suis devenue mère, je n’avais pas encore résolu l’énigme de ma propre vie faite de confusion et d’incompréhension jusque là.
Mais je savais déjà que je ferai les choses différemment pour mon enfant. Je savais que je lui donnerai l’enfance que je n’avais pas eue. Je savais que j’honorerai sa voix et que je le rassurerai quant au fait qu’il était juste parfait et entier tel qu’il est.
C’est pourtant un euphémisme de dire que je n’avais pas idée à quel point cette tâche serait ardue, bien au-delà tout ce que j’avais imaginé.
Lorsque mon fils est né, il pleurait beaucoup, il tétait beaucoup, dormait très peu et ne nous laissait tout simplement pas le poser.
Mais, dès le début, nous avons vu au-delà des difficultés.
Dès les premiers jours de vie de notre enfant, nous pouvions affirmer qu’il avait quelque chose que nous n’avions jamais vu chez un autre bébé. Il semblait qu’il avait une perception du monde, une acuité fine largement plus importante que la nôtre. Avec ce « savoir » il y avait aussi l’anxiété qui va avec, le prix à payer pour cette conscience aiguë du monde. Nous avons toujours dit qu’il était né avec le poids du monde sur ses épaules. Nous reconnaissions cela et avons fait tout ce qu’il était possible de faire pour satisfaire les besoins de notre bébé et l’apaiser.
Au fur et à mesure de sa croissance, nous avons continué à constater qu’il était différent de tous les enfants que nous connaissions.
• Il avait une très faible tolérance à la douleur ou à l’inconfort physique. • Il éprouvait une énorme frustration à ne pas pouvoir faire les choses à la perfection la première fois. • Il n’appréciait pas du tout les activités réputées agréables pour les enfants telles que les fêtes d’anniveraires ou les aires de jeux bruyantes pleines d’enfants très actifs. • Il se tenait en retrait et observait les enfants plutôt que de jouer avec eux. • Il parlait très bien et détestait faire l’objet de plaisanteries. • Il était incroyablement direct et authentique, autant avec les personnes familières qu’avec les inconnus. • Il disait des phrases parfaites à deux ans et avait un vocabulaire impressionnant. • Il était d’une incroyable générosité. Lorsque nous recevions des enfants chez nous, il leur offrait ses jouets préférés. • Il avait une mémoire phénoménale. Il pouvait se souvenir d’événements ou de lieux où il avait été nourrisson. • Il avait une empathie très forte envers les personnes opprimées dans la vie et celles qui ne pouvaient s’exprimer seules, les animaux, les insectes et toutes les autres créatures vivantes. Il pouvait avoir mal à la tête simplement quand nous coupions une branche parce qu’il ressentait cela comme une souffrance pour l'arbre et très souvent il s’appropriait la souffrance des autres. • A un moment donné, je crois vers ses six ou sept ans, il pouvait passer sa journée à pleurer pour les sans-abri et toutes les personnes nécessiteuses. Et, non seulement il leur reversait tout son argent de poche mais toute notre famille a commencé à porter des repas aux personnes âgées immobilisées à domicile. Tout cela, nous le faisions grâce au grand cœur de notre enfant. • Il avait une insatiable quête de vérité et de justice. Tout devait être juste/équitable selon ses règles intérieures. Il s’était érigé en agent de la justice et de l’équité de chaque autre être humain sur la planète. • Il était tellement intense et émotif. Tout était tellement extrême et, pour une chose aussi simple qu’une pointe de moutarde sur la main, il aurait réagi comme si un crime venait d’être commis. Oui, accompagner cet enfant était par moment difficile, éreintant et frustrant.
Mais les bénéfices était énormes. La lumière qui irradiait de cet enfant parce qu’il était libre de s’exprimer était si vive qu’il n’était tout simplement pas possible d’échapper à son éclat. Les dons qu’il offrait au monde à un si jeune âge étaient incommensurables.
Le plus grand cadeau (et de très loin) qu’il nous (sa famille et ceux qui le connaissaient bien) a offert était son acuité fine et ses observations éclairées du monde et de ses habitants. C’était un tel bonheur d’apprendre à voir le monde au travers ses yeux parce qu’il avait une perspective que mon mari et moi n’avions jamais vue jusqu’alors et elle était splendide ! Jour après jour, nous vivions dans une telle excitation, avec une curiosité croissante comme jamais auparavant parce que nous apprenions de notre fils ce qu’était la vraie vie.
Alors, nous le suivions car nous apprenions tellement plus avec lui. Nous le suivions aussi parce que nous n’étions guère focalisés sur les difficultés, pour nous ce n’était qu’une partie de nos responsabilités parentales. C’étaient cette confiance dans notre enfant, ce sentier exaltant vers lequel il nous guidait qui ont permis à cet enfant de Briller. Et il Brille vraiment…
Plus nous le suivions dans sa trajectoire de vie, le plus nous étions TOUS paisibles dans nos vies individuelles.
Et c’est à partir de ce point de repère qu’il est devenu notre plus grand maître dans la vie. Il nous a appris à remettre en question et réexaminer tout ce que étions « supposés » faire, penser, ressentir ou dire. Son refus catégorique de changer l’essence de ce QU IL ETAIT pour s’adapter au reste de la société nous a donné le courage de l’imiter. C’est en l’observant vivre selon son cœur et en honorant cette qualité que nous avons appris à vivre selon nos cœurs, nous aussi.
Il y a eu tant de standards sociaux que nous avons été contraints de remettre en question à cause de ses besoins et des ses désirs, mais le plus important d’entre eux fut l’école.
L’école n’intéressait tout simplement pas mon enfant. Je n’allais pas mentir à cet enfant qui exigeait la vérité en lui disant que c’était chouette d’aller à l’école, que ce serait drôle de prendre le bus et d’y apprendre des tas de trucs. Je voyais déjà à quel point il apprenait tous les jours bien plus que quiconque ne pourrait jamais lui inculquer. Il trouvait déjà tout ce dont il avait besoin dans notre quotidien en famille. Donc nous avions su très tôt que nous ferions l’école à la maison. Mais cela AUSSI nous avons dû le remettre en question car notre enfant ne voulait pas qu'on « lui enseigne » quoi que ce soit. Il voulait des réponses à ses questions, et il en avait des questions ! Je n’ai plus essayé de lui apprendre quoi que ce soit au delà de la dernière question posée.
Nous avons donc répondu à ses questions sans essayer d’en faire davantage. Nous avons continué à lui offrir ce qu’il nous demandait et il a continué à grandir et à apprendre tous les jours. Nous avons continué à lui offrir autant que nous pouvions lui offrir du monde et nous l’avons laissé prendre ce qui l’intéressait, ce qu’il aimait et qu’il avait envie d’explorer davantage.
A ce stade nous ne réalisions pas qu’il nous emmenait vers l’univers formidable du unschooling, il nous y emmenait en nous disant ce dont il avait exactement besoin pour Briller. Nous ne le réalisions pas mais c’était exactement ce qui se produisait. C’est ainsi que nous sommes tous entrés dans le unschooling, parce que toute notre famille apprenait et explorait le monde, nous nous découvrions les uns les autres et nous nous découvrions nous-mêmes en même temps.
LES DEFIS:
Vers les 7/8 ans de mon fils, il y avait quelques difficultés restées en surface que nous ne pouvions guère ignorer. Nous avons réalisé qu’elles étaient centrales parce qu’elles absorbaient toute notre attention. L’anxiété qui était le pendant naturel de la fine perception du monde qu’avait notre fils s’intensifiait. La plupart du temps, la joie et la paix intérieure lui étaient difficilement accessibles. Il était en souffrance et de mon côté, je savais que j’avais besoin de plus d’outils pour aider mon fils.
Je me revois à cette époque, au cours d’un footing matinal méditatif, je me revois concentrer mes pensées et mon énergie sur l’Univers tout entier afin d’y trouver quelques réponses pour mon enfant. Cet après-midi là, une réponse m’apparut sous la forme d’un article de Jeff Kelety dans le Home Education Magazine. Jeff avait écrit au sujet des défis que lui apportait son fils et là soudain un mot a attiré toute mon attention : “Bizarreries”. Un mot qui décrivait l’un des traits de mon fils qu’à vrai dire nous trouvions attachant mais qui s’intensifiait avec les années plutôt que de s’estomper comme nous le pensions au début.
J’ai dévoré l’article et commencé à fouiller sur le net pour plus d’informations. J’ai fait des recherches sur toutes les étiquettes que je trouvais : Asperger, dysfonctionnement du système d’intégration sensoriel, trouble de l’apprentissage non verbal, dyslexie, surdouance…et je retrouvais bien sûr un peu de mon enfant sous chacun de ces mots mais sous aucun d’eux en totalité. Au premier abord ce fut un choc, ensuite un soulagement et très rapidement une vraie confusion et beaucoup de tristesse qui m’envahirent… Tout ce que je considérais jusqu’à présent comme un trait de caractère de mon petit, comme une partie de ce qu’il EST devenait une étiquette et était associé à un trouble.
Mais mon enfant n’était pas détraqué. Il n’y avait nul besoin de le changer ou de le cadrer. Pourtant je ne pouvais nier que j’avais besoin d’aide. Alors je me suis tournée vers les ouvrages spécialisés parce que j’avais l’impression que les spécialistes en sauraient davantage que moi. C’est vrai qu’ils en savent davantage. Ils en savent davantage sur les aspects médicaux de ces troubles.
Mais ils ignoraient tout de mon fils. Ils ne savaient rien de sa vie libre et sans école. Ils ne savaient pas à quel point cet enfant Brillait parce que nous ne l’avions jamais considéré comme un malade mental à cadrer et parce que jamais nous ne l’avons forcé à changer pour ressembler aux autres. Nous avons célébré le caractère unique de notre enfant et nous l’avons honoré de ne PAS être « normal ».
Tout cela, les spécialistes ne le savaient pas. Ce que j’ai trouvé dans ces livres, c’était que les spécialistes croyaient savoir comment s’y prendre avec ces enfants singuliers, ces êtres qui ont tant à offrir au monde lorsqu’ils sont libres de trouver leur vrai Moi et leurs dons innés. Ils croyaient savoir comment s’y prendre en prétendant que la flamme de ces enfants devait être « réglée » parce qu’elle danse différemment de celle des enfants « normaux ». Tous ces livres parlaient d’une seule et même chose : comment modeler, formater, conditionner et faire tout ce qu’il est possible de faire afin d’adapter la lumière particulière de ces enfants au reste du monde, à ce que la société attend d’eux.
Et ce que j’ai appris de ma propre expérience c’est que vous ne pouvez pas faire tout cela sans préalablement éteindre complètement ces enfants-là.
J’avais en quelque sorte trouvé les réponses que je cherchais. Elles ne figuraient pas dans la littérature spécialisée. Certaines réponses sont effectivement venues de la lecture de "The Out of Sync Child" (et j’ai été choquée par les parties où l’auteure parle de techniques pour amener l’enfant à réussir à l’école, alors même qu’elle intitule un chapitre entier de son livre « Si les écoles ressemblaient aux familles »). Certaines autres réponses sont venues des discussions avec d’autres parents unschoolers, le plus souvent sur unschooling.com
Mais en grande partie, les réponses se trouvaient exactement où elles étaient toutes ces années- dans mon coeur et celui de mon enfant.
Riche de cette nouvelle compréhension des raisons pour lesquelles nous rencontrions des difficultés, j’ai entrepris d’aider mon fils à trouver la paix- parce que c’est uniquement depuis ce lieu sûr et paisible que la flamme de cet enfant brille de tous ses feux.
Il aura 16 ans en Septembre. Jamais scolarisé- excepté un bref moment dans l’esprit trop scolaire de sa maman, et il m’en excuse.
Il ne rêve que de paix, comme nous tous. Parfois c’est difficile d’y accéder avec lui, lorsque la violence, les injustices et les maladies d’un monde extérieur s’immiscent dans son cœur si sensible. Mais, parce que notre vie est libre, dépouillée, sans école, nous sommes tous capables de nous focaliser sur ses dons et sa capacité à Briller au lieu de nous concentrer sur les difficultés.
Je souhaite à présent aborder certains points importants que j’ai vraiment besoin de garder à l’esprit au quotidien avec mon enfant car je veux que notre vie ensemble soit gaie. Si cela s’apparente à quelque chose de familier chez vous, avec vos enfants, nous pouvons en discuter plus tard.
# 1: Le premier point dont je dois toujours me souvenir est le fait que mon enfant a une immense sensibilité à moi, la personne en qui il fait le plus confiance au monde. Je dois garder à l’esprit que ça marche aussi dans les deux sens. Si je le critique, il va porter ce fardeau monumental pendant un long moment. Ça c’est un véritable défi pour moi car même si je ne suis pas une mère qui fait la morale, qui punit ou qui retire l’amour à tout de bout de champ, je dois être consciente du fait que la moindre inflexion de voix, le moindre regard est extrêmement stressant pour mon enfant. Il se blâme bien assez tout seul.
L’envers de cette extrême sensibilité à moi c’est aussi le fait que lorsque je suis présente, répondante, attentionnée, validante et compréhensive, cela va droit au coeur de mon enfant de la façon la plus positive qui soit. Cela lui donne un véritable sentiment de puissance et de justesse dans sa vie, cela l’aide à se sentir en sécurité avec LUI-MÊME.
C’est cette extrême sensibilité à moi qui nous a amené au unschooling. L’unique fois où j’ai tenté de lui "enseigner" quelque chose, j’ai provoqué une véritable paralysie dans son cerveau et dans son esprit.Il ne pouvait simplement pas supporter l’énergie que je lui apportais, les attentes que j’avais sur lui et les jugements qui vont avec. Le unschooling me permet d’investir mon énergie dans un accompagnement plus attentif, répondant, attentionné, acceptant et soutenant la totalité de l’être de mon enfant.
# 2: Je dois rester attentive en veillant à ce que la lumière de mon enfant brille toujours. Aime-t-il faire quelque chose ? Il le fait. Je découvre ce qu’il aime. J’entre dans son univers, je pose des questions et j’apprends de lui de façon à ce que sa lumière se réflète dans mes yeux- Un reflet particulièrement important à cause de cette extrême sensibilité qu’il a à moi.
J’honore et je célèbre toutes ces choses qui lui sont propres, toutes ces choses qui font de lui un être unique. Je soutiens et je nourris ses passions. Je parle de ces traits qui le rendent si singulier de façon positive. Je parle du fait que le monde a besoin de personnes comme lui, et je lui fais savoir toutes les bénédictions qu’il apporte au monde de par sa présence.
Lorsqu’il brille dans mes yeux, alors il développe la force et le courage de porter ses dons au reste du monde.
Laissez Briller votre enfant.
# 3: Je me dois de respecter et d’honorer le besoin de mon enfant d’un sanctuaire, d’un lieu sûr. Il a besoin d’un havre où ses petites affaires sont en sécurité, où son petit monde est prévisible. Un lieu où il peut facilement et sans effort accéder à la paix lorsquil se sent submergé par le reste du monde. Un refuge.
Cela peut vouloir dire plusieurs choses selon le lieu où nous nous trouvons et les choses auxquelles nous avons accès.
Le refuge le plus facile d’accès pour lui, mais néanmoins essentiel, est le simple fait de se connecter émotionnellement à moi. Ainsi son sanctuaire peut se trouver là, au creux des mes bras aimants- un câlin, une caresse sur le dos, une poignée de main, un regard plein d’amour, un grand sourire complice. Cette connexion rebranche nos cœurs et c’est là que mon fils se sent en sécurité et « à la maison ».
Un autre lieu sûr peut être son esprit lorsque je le recentre en portant l’attention sur tout ce qu’il aime. Son esprit quitte peu à peu une zone d’anxiété et de stress et se redirige vers un lieu plus gai, et cela l’apaise.
Je fais tout ce que je peux pour le ramener dans des eaux paisibles.
Un lieu sûr, c’est aussi un lieu physique c'est à dire concrètement, un sanctuaire physique. Jake a fait sien un coin de notre maison. Il s’y entoure d’objets qu’il affectionne particulièrement et qu’il utilise beaucoup tels que ses livres, ses recherches sur les oiseaux ou les animaux, ses ouvrages de mythologie, ses Calvin&Hobbes, son bloc-note et ses crayons de couleur, sa gameboy et ses autres jeux favoris, son nounours favori, sa pierre calmante avec laquelle il se frotte le corps et ses magazines. C’est vraiment là son refuge, son lieu sacré où il peut se retirer et s’entourer d’objets avec lesquels il est profondément connecté, des objets qui font partie de lui et qui sont la preuve de sa pleine existence parmi nous.
Mon fils n’oublie jamais de prendre un bout de son sanctuaire avec lui lorsque nous nous déplaçons. Il sait que cela l’aide à se recentrer sur ce qu’il aime. Sa gameboy, ses livres, ses magazines sont autant de lieux sûrs lors d’événements imprévisibles et déstabilisants. Les objets sont portables et apportent de la Paix en abondance lorsque des pertubations se produisent, ou plus important encore, ils sont extrêmement utiles AVANT que l’anxiété ne gagne mon enfant.
# 4: Je dois parfois aider mon fils à nourrir son esprit. En tant qu’unschooler de longue date, Jake est vraiment très doué pour ça. Il a toujours des projets en cours…au moins deux livres en cours de lecture en même temps, des jeux, de la recherche, l’organisation d’un projet.. mais parfois il se laisse submerger par une petite chose. Alors c’est comme s’il était coincé et à ce moment là, il a besoin d’un coup de main parce que parfois son cerveau devient son pire ennemi. Il peut rejouer en boucle les erreurs qu’il a faites, ou des moments dont il n’est pas très fier….et la situation se dégrade au fur et à mesure que le film dans sa tête rejoue ses erreurs. Il peut ainsi attraper un mot que quelqu’un lui a dit il y a quatre jours et décréter que c’est une offense majeure à sa personne. Il peut se sentir coupable et malheureux pendant longtemps pour une mauvaise décision prise il y a un an et demi. Ou il peut se sentir paralysé de terreur en pensant à l’avenir et à ma mort.
Dans ces moments-là, je l’aide à nourrir son âme. Cela ne veut pas dire que je lui fait faire certaines choses. Cela veut dire que je consacre mon énergie à apporter dans sa vie des activités ou des choses qu’il aime ou que je pense qu’il pourrait apprécier. J’élargis son univers. Je ravive la flamme de ses passions. Je ne laisse pas son esprit errer dans les méandres qui peuvent l’aspirer. Je le ramène en un lieu où il peut de nouveau Briller.
# 5: Je veux juste dire un mot sur les transitions car je sais que plusieurs personnes s’y reconnaitront, et si nous ne les comprenons pas, les transitions peuvent blesser nos enfants.
J’ai compris que mon enfant avait beaucoup de peine avec les transitions. Cette difficulté est la raison pour laquelle il est parfois fixé sur une seule activité. La raison pour laquelle méconnaître cette difficulté est dangeureux est que souvent, les spécialistes prétendent que nos enfants ne passeront jamais à autre chose si nous ne leur disons pas en permanence ce qu’ils doivent faire. Ils disent que nos enfants ont besoin d’horaires fixes et de routines. J’ai un adolescent de plus de quinze ans qui prouve le contraire.
Ce que mon enfant fait à cet instant précis est sans danger pour lui et prévisible. Dans son esprit cela demande beaucoup de réflexion et d’analyse pour passer d’une activité à l’autre, d’une étape de la vie à l’autre. Et la peur de l’inconnu et de ce qui POURRAIT arriver le paralyse parfois.
Je fais donc tout ce que je peux pour lui faciliter les transitions. J’essaie de ne jamais donner d’ordres impromptus pour ne pas me confondre en excuses et autres explications. Je garde à l’esprit que je suis son lieu sûr, alors je peux pénétrer dans son lieu sûr du moment, par exemple le livre qu’il est en train de lire, la télé qu’il regarde, le jeu auquel il est en train de jouer et nous pouvons parler de ce qu’il est en train de faire. Je peux me connecter physiquement avec lui, émotionnellement et mentalement et maintenir le fil qui nous lie pendant que nous passons à autre chose. Je tiens ces fils branchés pendant que nous passons d’un lieu à un autre. Cela lui ôte la responsabilité de ces transitions si pénibles et le reporte sur moi. C’est un énorme fardeau dont il se trouve déchargé.
# 6: Il y a des moments où la situation est juste trop accablante pour mon petit, et cela malgré tous les efforts que je déploie à l’accompagner de façon sensible et répondante. Dans ces moments-là, je le serre dans mes bras et je dis "Je sais…c’est difficile d’être Jacob hein?" Et il se love dans mes bras et pleure. Et souvent j’ajoute "tu le fais super bien, super bien même si c’est dur Jake. Tu fais du très bon boulot…" Je reconnais sa souffrance, je l’aide à s’en décharger et alors il peut aller de l’avant.
CONCLUSION:
Regardez tout ce dont je peux débarrasser mon enfant grâce au unschooling. Toutes ces souffrances et ces difficultés liées à l’intégration sensorielle qui font partie intégrante de la vie d’un enfant scolarisé. L’immobilisation forcée, l’aggravation de la souffrance émotionnelle voire la perturbation qui peut aussi résulter de l’enseignement à domicile.
Mon fils peut devenir anxieux pour les raisons les plus graves comme lorsqu’il pense à la guerre ou la faim ou la violence dans le monde, ou pour les raisons les plus simples comme le site de Neopets qui devient inaccessible alors qu’il en a besoin ou le voisin au théâtre qui donne des coups de pieds dans son siège.
Pourquoi devrais-je rajouter plus de souffrances à celles qu’il porte déjà?
Même lorsque vous éliminez les innombrables difficultés qui génèrent de l’anxiété et de la confusion dans la vie de ces enfants… même lorsque vous leur permettez d’être libres et de se concentrer uniquement sur ce qui leur plaît…vous allez ENCORE rencontrer de nombreux défis.
Mais, avec le unschooling, les difficultés auxquelles vous faites face sont les difficultés réélles de l’enfant. Ce sont des anxiétés réelles qui existent dans leurs coeurs pour de vraies bonnes raisons. Ce ne sont pas des anxiétés générées par des tierces personnes qui imposent des limites absurdes à leurs vies.
Avec le unschooling, vous ne passez pas votre temps à nettoyer le stress ou l’anxiété qui dérivent de ces fausses limites. Vous n’avez pas à gratter pour ôter les dommages subis par le Vrai Moi… alors vous pouvez simplement vous consacrer à comprendre votre enfant et à l’aider à faire face à ses propres difficultés.
Ces difficultés qui sont dans la vie d’un enfant Libre d’être QUI IL EST et de suivre les aspirations uniques de son coeur sont claires et on peut leur trouver une solution. Avec le unschooling , vous avez une vue directe sur l’univers de votre enfant, son esprit et son cœur, une vue sans écran.
Les enfants hypersensibles ou mal synchronisés n’ont pas fait exprès ou choisis d’être différents. Ils ne cherchent pas des moyens d’être énervants ou épuisants. En fait ils ont un désir encore plus fort que les enfants typiques d’être acceptés et compris.
Mais leur système interne est tel qu’ils ne sont simplement pas physiquement, mentalement et émotionnellement équipés pour faire certaines choses, et qu’ils ne peuvent faire certaines autres que d’une façon très précise. Pour leur propre protection et leur survie, ils portent un énorme fardeau, celui d’analyser et de réfléchir bien plus que des personnes « standard » et d’être très critiques face à tout et presque tout le monde, eux y compris.
Nos enfants ne sont pas détraqués. Ils n’ont pas besoin d’être cadrés. Ils ne sur-réagissent pas et ne sont pas hypersensibles. Ils sont tels qu’ils sont pour une vraie bonne raison.
Une raison enchanteresse.
Leur intuition leur offre une connexion directe à la vérité- même lorsque la terre entière est plongée dans le déni. Ce sont ceux qui semblent connaître l’importance capitale qu'il y a à poursuivre ses passions.Ils nous apprennent à vivre selon nos coeurs et ne pas faire cas des règles de la société et de ses attentes. Ils nous apprennent à vivre pleinement conscients de l’instant présent. Ils sont ceux qui sont si finement accordés à l’univers, à ses forces et à ses faiblesses. Les enfants naissent avec des traits si différents, mais la société n’en encourage que quelques-uns. Habituellement ceux qui sont obéissants et bons élèves. Les traits de nos enfants hypersensibles ou mal synchronisés ont besoin d’être célébrés haut et fort. Les dons qu’ils possèdent ne peuvent se déployer et être utiles au monde que si nos enfants ont confiance en eux-mêmes, que s’ils prennent la pleine mesure des dons qu’ils portent en eux et qu'ils ont à partager. Faire honneur à leux voix et leurs passions leur permet de savoir sans l’ombre d’un doute que leur si sensible et unique contribution au monde est valable et d’une importance capitale.
Avec le unschooling vous libérez leurs esprits créatifs, intuitifs et vous leur permettez de Briller.
Permettez à votre enfant de Briller.
* trait repertorié sous le mot américain "out of sync"
** Elaine Aron est également l'auteure de "Ces gens qui ont peur d'avoir peur: mieux comprendre l'hypersensibilité" aux Ed.de l'homme, traduction française de "The Highly sensitive person".
Note sur l'auteure: Depuis la naissance de son premier enfant, Anne Ohman est entrée dans le monde merveilleux du unschooling. Elle s’est attachée à comprendre comment elle pouvait apprendre des autres. Elle demande à être l’élève de ses enfant, afin de pouvoir les aider au mieux dans leurs besoins/désirs de vivre une vie riche et joyeuse… parce qu’elle apprend toujours sur la vie, le monde et sur elle-même grâce à eux. Anne vit et apprend avec son mari Dave et ses fils Jake (9/1990) et Sam (4/1994) au sommet d'une colline dans l’état de New-York. Sa liste de discussion: http://groups.yahoo.com/group/shinewithunschooling
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